mardi 19 avril 2016

La maladie ou comment les médecins ne nous donnent plus envie d'aller travailler

Je vous replante le décor, si jamais vous débarquez sans me connaître: j'ai des soucis de santé, qui ce sont transformés en maladie chronique, j'ai la reconnaissance travailleur handicapé, je bosse depuis plus d'un an à 70% (enfin au départ à 90%, puis 80, puis 70 en raison de mon état). 
Chaque jour je compose avec un lot de symptômes divers et variés (sinon c'est pas drôle): fatigue +++, vertiges, nausées, instabilité, migraine. Bref, vous voyez le genre.

Quand je suis trop à bout (c'est à dire très - trop - souvent depuis Janvier) je vais chez le médecin, rien que de le dire et de constater que les constantes sont normales ça rassure, mais je repars souvent avec un arrêt que finalement je ne prends pas et je me force à aller travailler (il n'y a pas de petites victoires).

Sauf que, depuis ce weekend je suis malade, du genre état grippal, comme ça arrive à tout le monde. Mais, quand tu pars avec un passif comme le mien, vous vous doutez bien que la fatigue du rhume + la fatigue habituelle déjà bien élevée ça donne une bonne grosse fatigue. Donc, je vais voir mon médecin. Je tombe sur la remplaçante, et je demande un arrêt (chose que je fais rarement car mon médecin habituel me connait et c'est toujours lui qui demande). Elle me regarde avec des grands yeux "ah bon ??' alors je lui explique (encore et encore) que j'ai des soucis blablabla... et là elle me colle 2 jours. 2 PUTAINS DE JOURS DE MERDE. Donc je lui dit que non, que là ça va pas être assez, que déjà la semaine dernière j'ai pas accepté l'arrêt et que j'étais mal donc que là il me faut la semaine pour bien récuperer.

Je tente de lui expliquer par A+B que ce n'est pas un caprice, que je me passerais bien de perdre 150 balles pour une semaine d'arrêt mais que je n'ai tout bonnement pas le choix car je sens bien que mon corps me lâche, je lui explique tout, la maladie, la fatigue que ça entraîne. Rien n'y fait rien. 
Elle me dit que je n'aurais qu'à reprendre rendez vous si je ne suis pas bien dans 2 jours. 

Donc, elle ne comprends pas, mais pas du tout, de un le stress engendré par un arrêt quand on est déjà dans une situation compliqué, de deux qu'il faudra appelé mon employeur pour lui dire je reviens jeudi, puis le rappeler pour lui dire en fait je ne reviens pas. Enfin, elle ne comprends pas le stres engendré par tout ça, ni l'énergie perdue alors que je devrais tout simplement me reposer...

Tout ça m’écœure au plus haut point et me donne qu'une seule envie: ne pas renouveler mon contrat pour ne plus avoir de stress les jours où je ne me sens pas bien. C'est quand même dingue, c'est comme ci on empêchait les gens malades de travailler, alors qu'ils ne veulent que ça. On ne daigne pas leur donner une semaine de repos (et non de vacances) quand ils en ont vraiment besoin.

Faut pas s'étonner après de voir de nombreux malades s'isoler et se couper du reste, quand, même dans la maladie on ne se sent plus légitime.


vendredi 15 avril 2016

Les Jolis Plumes #20 Antoine

Il savait que s’il franchissait cette porte, il ne pourrait plus revenir en arrière…

Il était planté là depuis des heures, tournant en rond sans trop savoir quoi faire. Il avait mis son jean préféré, celui où il était libre de ses mouvements comme il le voulait, son pull coll v gris foncé, celui qu'elle lui avait acheté, et ses mocassins bleu marine, inconditionnel bobo.

Sa veste en cuir était accrochée dans l'entrée, et, frénétiquement, il la prenait, la remettait depuis quelques minutes. Il fallait qu'il se décide, cette fois vraiment. Alors, toujours avec cette angoisse qui le ronge depuis qu'il a ouvert sa valise, il regarde les moindres recoins de l'appart, comme pour s'en imprégner, une dernière fois. 

Il se recoiffe, se regarde dans la glace. Alors, il y aperçoit un cadre dans le reflet, il se retourne et tombe sur cette photo qu'il ne voyait plus à force de passer devant. Elle et lui, unis, amoureux, fusionnels même. A ce moment précis, il se demandait si tout ça n'était pas le pur fruit de son imagination, si toutes ses douleurs n'étaient pas dans sa tête et eut envie de tout annuler.

Mais la raison le regagne, il ne peut plus continuer à vivre ainsi, cette fusion, cette passion, les détruits. Il ne peut plus continuer à rire quand son cœur pleure, à l'embrasser quand tout son être lui dit de se barrer pour arrêter de souffrir. Il ne peut plus. Mais il l'aime, de tout son cœur, et sûrement même de tout son être. Mais, cette photo, ce cadre, cet appartement, tout lui rappelle que tout pourrait déraper en un instant, une crise de trop, un geste de trop, un mot de trop et tout pourrait partir en vrille, dégénérer, il le sait, il le sent. Il n'a pas le choix. Il doit partir. Il en va de sa vie.

Alors, il prit un bout de papier, un crayon, griffonné quelques mois avant de claquer la porte derrière lui. Il savait que s’il franchissait cette porte, il ne pourrait plus revenir en arrière…



J'ai écrit ce texte dans le cadre de l'atelier Les Jolies Plumes, dont je suis heureuse de faire partie. Chaque mois nous vous proposerons un article sur un sujet que nous décidons à l'avance. Si l'aventure vous tente, n'hésitez pas à nous contacter par mail: latelierdesjoliesplumes@gmail.com et à nous rejoindre sur Twitter @lesjoliesplumes.