lundi 28 juillet 2014

LES JOLIES PLUMES #2

Souvent, les comédies romantiques, ont au moins une scène dans un quai de gare, dans un hall d'aéroport. Comme si une arrivée, un départ, des aux revoirs déchirants, des pleurs, donnaient plus de crédibilité aux histoires d'amour. Comme si, il fallait se quitter pour mieux s'aimer. 

C'est le pari qu'ont pris Margaux et Aymeric en commençant une histoire alors Aymeric allait bientôt partir vivre "le rêve américain". Au départ, ils se disaient "c'est juste comme ça, dans quelques mois on sera à des milliers de kilomètres l'un de l'autre donc bon". Mais le temps, les sentiments, la vie, en ont décidés autrement

Chaque jour les rapproche un peu plus du départ, et chaque jour devient une épreuve. Épreuve qu'ils gèrent tous les deux de façon différentes. Ils n'ont pas la même vision de choses, de l'amour à distance. 
 
Il pense que leur couple est invisible, il lui promet la lune, et même plus encore. Il est fou amoureux. Il veut qu'elle vienne le rejoindre dès qu'elle le pourra pour qu'ils vivent ensemble cette expérience hors du commun. Elle, encore amochée d'histoires précédentes n'est plus en mesure de faire des promesses, de se projeter aussi loin, de rêver avec lui. Cette innocence que procure parfois l'amour elle l'a perdue depuis un bon moment. Pourtant, parfois, souvent, elle se surprend à lui dire "quand tu seras la bas" blablabla. 

Les mois passent et le jour J approche. Aymeric le redoute de plus en plus. Arrivera t il à rester aussi loin de sa belle plus d'un an, comment va t il gérer la distance, l'éloignement. Il a pensé plusieurs fois à tout arrêter, à ne pas y aller. Mais Margaux l'a toujours soutenu, il était hors de question qu'il abandonne ses rêves pour elle, pour leur histoire. C'est une belle preuve d'amour, mais quoi de plus beau dans l'amour que de laisser partir l'être aimé. L'amour, c'est être deux, ne faire qu'un parfois, mais aussi et surtout vouloir le bonheur et l'épanouissement de l'autre. C'est le rêve d'Aymeric depuis des années, elle fera tout pour qu'il y arrive.

Et puis, le jour J est là. La nuit fut courte, ils ont profité au maximum de cette dernière nuit, ne sachant pas quand arrivera la prochaine. L'intensité de cette nuit restera à jamais gravée dans leurs mémoires. Ils transpiraient l'amour par chaque infime pore de leurs peaux. Ils avaient besoin de se serrer fort, de se toucher, de se sentir, comme pour tout retenir, une dernière fois. C'était si fort, et si doux à la fois. Si intense qu'eux même au petit matin n'arrivent pas à se rendre compte que cette nuit fut la plus belle de toutes celles d'avant. Il y avait tellement de tendresse, d'amour, de douceur mélangé à la fougue de n'être qu'un encore une fois. 

Aymeric boucle sa valise alors que Margaux est déjà dans la voiture à l'attendre. Elle l’emmène à l'aéroport, elle a longtemps hésité et le laisser partir avec quelqu'un d'autre mais elle a du se résigner. C'était elle qui devait l'accompagner, premièrement car Aymeric y tenait, deuxièmement car elle aussi, avait besoin, "pour faire son deuil" en quelque sorte, de le voir partir. Vraiment.

Le trajet se déroula en silence. Arrivés à l'aéroport, Margaux se gare, descend de la voiture et regarde Aymeric prendre sa valise. A ce moment précis, elle est terrorisée à l'idée de le laisser, sans savoir quand elle pourra à nouveau le serrer dans ses bras. Elle essaye de ne rien montrer, pour ne pas lui compliquer la tâche.

Ils entrent dans l'aéroport, regardent les panneaux. Pas de retard. Dans 2 heures Aymeric sera dans l'avion. Vient le temps des adieux. Margaux regarde son homme et se dit qu'elle n'aurait pas du venir, qu'un au revoir dans la voiture, en double file, aurait peut-être été moins douloureux. 

Elle ravale ses larmes et lui dit " pars, ne t'en fais pas ça va aller ". Vis. Profite. Aime si il le faut. Mais vis tout à fond. Ils se regardent, s'embrassent, se serrent dans les bras. Il a peur, mais peur. Il n'a qu'une envie c'est faire demi tour, lui prendre la main et lui dire "princesse on rentre à la maison". Mais il ne peut pas, la machine est lancée, il doit partir même si ça lui déchire le coeur.

Un dernier bisou, et ils tournent les talons. Ils ne se retournent pas. Ils savent qu'ils vont craquer si ils se retournent.

Leur histoire devient maintenant un pari sur l'avenir, sur l'amour, sur la vie. 

Ils avaient raison tout compte fait, les arrivées, les départs, les quais de gare, les halls d'aéroport, ça donnent de l'intensité aux histoire d'amour.


J'ai écrit ce texte dans le cadre de l'atelier Les Jolies Plumes, dont je suis heureuse de faire partie. Chaque mois nous vous proposerons un article sur un sujet que nous décidons à l'avance. Si l'aventure vous tente, n'hésitez pas à nous contacter par mail: latelierdesjoliesplumes@gmail.com et à nous rejoindre sur Twitter @lesjoliesplumes.

J'ai aussi écrit un article avant celui ci sur le même thème, si vous voulez le lire c'est par ici

12 commentaires:

  1. très beau texte! j'aime beaucoup ta conclusion, cette histoire de pari :)

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  2. J'aurai pu écrire ce texte, tout simplement parce que je l'ai vécu... Très joli texte en tout cas^^

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  3. Honte à moi, je n'ai même pas pensé que ce texte était inspiré par ta situation actuelle...
    Très joli texte en tout cas, tu t'es bien servie du thème et l'idée de pari est bien trouvée :)

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  4. Je ne me lasse pas de lire tes textes : ils sont tellement beaux ! Tu as vraiment du talent :)

    beautyquarter.blogspot.fr

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Je me ferais un plaisir de vous lire les filles