vendredi 27 juin 2014

LES JOLIES PLUMES #1

Marie et Yann s'aiment depuis plus de deux ans. Les choses entre eux se sont faites très doucement. Ils se connaissaient depuis quelques années déjà, mais de loin, par amis communs. Et puis un jour ils commencent à se rapprocher, à se voir de plus en plus souvent. Ils s'apprécient, et timidement, leur relation prend de l'ampleur. Présentation aux amis, aux parents... Ils sont sur la même longueur d'onde. Ils emménagent ensemble, et tout naturellement un désir de bébé s’installe....

Peu de temps après avoir décidé que c'était le bon moment pour eux, Marie tomba enceinte. Plus rapidement que prévu. Ce fut une vraie, agréable, surprise.

Marie très heureuse, aborde les débuts de sa grossesse plutôt difficilement. Elle passe des journées entières à avoir la nausée, des vomissements, tout ça la fatigue énormément. Elle perd même quelques kilos là où elle aurait déjà du en prendre... Elle a du mal à supporter tous ses désagréments, son corps fatigue. Son médecin la met en arrêt. Yann voit sa femme mal, déprimée, affaiblie. Il s'inquiète, la bichonne du mieux qu'il peut. Rentre le plus tôt possible du travail pour l'épauler, la soutenir.

Passé le 1er mois à se faire chouchouter le mieux du monde Marie commence à aller mieux. Les nausées s'estompent pour finir par complètement disparaître. Son ventre s’arrondit chaque jour un peu plus. Elle est belle, rayonnante. Ils sont beaux, heureux, épanouis. Marie et Yann préparent doucement mais surement la chambre, les faire-part, etc....

Le 7ème mois débute, et Marie se sent à nouveau de plus en plus patraque. Elle se réveille fatiguée, n'a plus d'appétit, a très mal au dos. Inquiets ils décident de prendre rendez-vous chez le gynécologue pour faire le point, pour se rassurer. Ils ressortent du rendez-vous abattus. Pas un mot n'arrive à sortir de leurs bouches. Le téléphone de Marie sonne, c'est sa maman qui veut avoir des nouvelles, elle n'est même plus capable de décrocher. Aucun mot ne sort, aucune larme ne coule. Ils sont comme anesthésiés. Sous le choc de ce que l'on vient de leur annoncer. Devant l'ascenseur, les larmes de Marie commencent à couler, Yann lui prend la main pour la lui serrer très fort, ils entrent dans l'ascenseur, leurs reflets dans le miroir face à eux les ramènent à l'évidence. Ce qui vient de se passer, il y a quelques minutes, va à jamais changer leurs vies. Marie se tourne vers Yann, le sert aussi fort qu'elle puisse le faire, même si son gros ventre l'en empêche un peu, elle a besoin de sentir son mari près d'elle. En silence, sans un mot. C'est trop tôt, ils sont tellement sous le choc.

Yann essaye de rester fort, il doit soutenir sa femme, mais c'est dur il a envie de casser ce miroir qui lui reflète toute cette tristesse, il a envie d'hurler aussi fort que possible, de taper, de se cogner la tête contre le mur. Il prend sur lui, tant bien que mal. L'ascenseur s'ouvre, ils sortent, se dirigent vers la sortie de la clinique. Rejoignent leur voiture. Yann au volant ne démarre pas, il ne se sent pas capable. Marie le regarde, et arrive enfin à parler: " on va s'en sortir "

En ce mois de Mai, Marie et Yann viennent d'apprendre que leur bébé, une petite fille, avait une malformation cardiaque, qui si elle évolue peut lui être fatale... Les deux prochains mois de grossesse vont être décisifs quant à l'évolution de la maladie..

Ces deux mois se déroulent difficilement, rythmés d'aller retour à la maternité, de pleurs, d'inquiétudes, d'attentes... Marie et Yann ont décidés d'annoncer la nouvelle seulement à leurs parents. Ces semaines sont déjà assez difficiles et ils préfèrent ne pas être submergés de coups de fils pour savoir comment tout se passe...

Le 3 Juillet, après 14 heures de dur travail, de douleurs, de cris, la petite Lola pointe le bout de son nez. Passez les larmes de joie, Marie et Yann sont plongés dans l'angoisse, ils attendent, stressées, épuisés, anxieux.

22h07, le médecin rentre dans la chambre, la nouvelle tombe.
Cette rencontre, avec le fruit de leur amour s'annonce plus compliqué que prévu... 


J'ai écrit ce texte dans le cadre de l'atelier Les Jolies Plumes, dont je suis heureuse de faire partie. Chaque mois nous vous proposerons un article sur un sujet que nous décidons à l'avance. Ce mois ci, le thème était une rencontre, une porte sur l'inconnu qui changera jamais la vie du/des personnages. Si l'aventure vous tente, n'hésitez pas à nous contacter par mail: latelierdesjoliesplumes@gmail.com et à nous rejoindre sur Twitter @lesjoliesplumes. 

lundi 23 juin 2014

First Love

Tu m'as appris à aimer. Tu m'as montré que j'étais capable d'aimer et d'être aimé. Tu m'as fait grandir, tu m'as poussé dans mes retranchements, toujours un peu plus. Avec toi, pendant un an c'était l'amour fou, l'amour passionnel. Celui qui nous laisse à bout de souffle. Celui où tout est réuni pour que ça dure. Tu as été mon meilleur ami, mon plus fidèle allié. On en a passé des heures durant, à rire, à chanter, à s'aimer, à avoir tantôt 5 ans, tantôt beaucoup plus.
Tu m'as appris qu'on pouvait s'aimer de toutes nos forces et ne pas le crier au monde entier, tu m'as aussi appris à mentir, pour ne pas dévoiler la vérité au boulot. Pour nous préserver.

Et puis, tu m'as quitté. Tu m'aimais mais tu "n'y arrivais" plus. Et à partir de ce moment, grâce, à cause, de toi j'ai appris à être forte. A tenir le coup sans rien laisser paraître, à être aimable avec toi devant les collègues pour que personne ne se doute de rien. J'en ai passé des heures à te chercher au détour de notre rue, à vouloir te récupérer, à pleurer. A supporter tes sourires quand mes yeux étaient eux emplis de larmes. A supporter tes remarques sur mon travail, sans broncher. A supporter ton attitude désinvolte, immature et arrogante envers moi. Je ne suis pas dupe, je te connais, je sais que tu te protégeais en faisant ça. J'espère que tu as grandi. 

Notre histoire est finie, la page est tournée. On a chacun eu nos histoires. On en a parlé, ou pas. Les années passent, et plus elles passent plus nous devenons des étrangers. Pas un regard, pas un sourire. Pourtant depuis mon retour, on se croise chaque semaine. Tu ne me regardes plus dans les yeux, tu n'oses même plus me parler. Je sais pourquoi tu agis ainsi, je t'avais prévenu. De pas venir me mettre des bâtons dans les roues pour mon retour, de ne pas me compliquer la chose plus qu'elle ne l'est. Alors tu préfères m'ignorer plutôt que de faire des gaffes. Ou tout simplement, tu n'en as plus rien à faire de moi.

C'était il y a 4 ans. Et bientôt, je vais partir. Quitter ce travail qui m'épuise chaque jour un peu plus. Quitter ce travail, c'est aussi te quitter. Je sais qu'à partir de ce moment, la page sera tournée, la boucle bouclée.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, tu sais déjà que tout ça, la maladie, et tous ses désagréments, je les mets sur le compte de ce choc émotionnel. Je suis certaine que l'amour peut faire de grands dégâts, tant corporels qu'émotionnel. Si tu n'avais pas été aussi méchant, si tu n'avais pas voulu me faire payer le fait que j'accepte enfin de ne plus être dans ton cœur. Si tu avais accepté et assumé ta décision. Si tu ne m'avais pas humilié devant plus de 10 personnes en réunion. Si à l'époque j'avais dit tout ce que j'avais sur le cœur, si je t'avais d'aller te faire voir et d'arrêter tes conneries. Si j'avais réussi à sortir ce qui me restait en travers de la gorge. Je n'en serais peut être pas là aujourd'hui. 

Mais je ne t'en veux pas. Enfin plus. J'ai accepté. J'ai compris, j'ai tirer des conclusions et j'ai grandi. Tu es le premier, et pour le moment l'unique que j'ai aimé à ce point, mais aussi l'unique qui m'a tant fait souffrir, aussi longtemps.

Alors voilà, 4 ans après on va enfin arrêter de se voir. Arrêter de faire semblant de n'être que des inconnus alors qu'on a partagé le même lit. Je mentirais si je te disais "bon débarras". J'ai un petit pincement au cœur, mais je suis intimement persuadée que tourner cette page sera extrêmement bénéfique pour moi. Cet amour passionnel, je pense qu'il fallait que je le connaisse au moins une fois dans ma vie. Maintenant, j'aspire à quelque chose de moins fou, de moins fusionnel. Une belle histoire ce n'est pas deux personnes qui ne font qu'une, comme nous, mais deux personnes qui se complètent, mais sont capables de vivre chacun pour soi, à deux.

Bon courage pour la suite, sans rancune.

mercredi 18 juin 2014

La frustration de la blogueuse

Ce soir je suis frustrée. Oui frustrée. J'ai envie d'écrire, j'ai plein de choses à dire, plein de choses à écrire, à raconter. Pleins d'histoires à imaginer. 

C'est typiquement le genre de soir, où l'air manque un peu, beaucoup, à mes poumons, où je suis angoissée et que j'ai besoin d’évacuer. Et dans ces moments écrire m'apaise, me permets d'y voir plus clair, d'être plus sereine. Pourtant quand c'est le BOWDEL dans la tête et que tant d'idées fusent je suis incapable d'écrire quelque chose de structuré, de carré, de propre, de nif. Ces soirs là, j'ai tellement de choses à dire que je pense que l'article sera trop bien, que je serais trop contente. Alors je me pose devant mon ordi, et .... rien

Je lance Deezer: 
♥  Holly Siz chante à fond Come back to me, ça y est je me dis qu'il faut que je vous parle de cet homme, le seul dont j'ai été follement amoureuse. Mais rien ne sort. Je ne sais pas par où commencer. Alors je chante. Je pose mon pc dans un coin, je danse sur mon lit, j'envoie un snpachat à mes pinecos pour leur dire " hey les meufs c'est le déliiiire dans ma chambre ! #enmodeclubbing ". Holly Siz s'arrête.

♥ Julie Zénatti reprends le flambeau. Changement de registre, changement d'ambiance. Nostalgique anonyme. Je regarde le coucher de soleil par ma fenêtre. Je me dis tiens j'ai jamais parlé de ma passion pour le ciel, les étoiles, les planètes. Et puis, je me dis que si, vous savez que je suis une grande rêveuse, et une grande rêveuse à toujours la tête dans les nuages. Alors, voilà que je me prends pour un diva " et siiiiiiiii je m'en sors sans bleuuuuux au corps ", oups on tape à ma porte, je crois que mon frère ne peut pas regarder le match tranquille avec moi qui hurle comme une tarée.

♥ Maître Gims débarque avec Bella. Sans commentaire, je ne vous parlerais pas de mes goûts musicaux d'ado, ça ferait tâche. Mais j'assume totalement ceci dit ;) Elle est bien mignonne Bella mais je n'ai toujours pas mon article avec tout ça. 

♥ Bim voilà Patrick (Bruel), Place des grands hommes, ma chanson préférée de tout les temps. OUI. Et là je me dis qu'il faudra quand même que je fasses un article pour mes amis précieux. En parlant de mes amis, coup d'oeil à mon portable, une notification me disant que ma copine L vient de finir sa partie à Duel Quizz, j'ai encore perdue (bah oui en fait elle fait jouer son copain la maline, alors il choisit toujours des catégories où je suis nulle, genre le sport, ça vous fait une belle jambe, je sais). Je réponds à un sms, jette un coup d'oeil à Twitter et Instagram. 

Et puis je regarde l'heure, 22h. Une heure que j'essaye d'écrire cet article.

La frustration de la blogueuse c'est ça: avoir plein d'idées mais ne rien réussir à en faire comme ce soir,  rien de bon n'est sorti. Je n'ai pas réussi à vous mettre "sur papier" toutes les idées qui se bousculent dans ma petite tête. Mais écrire toutes ces petites choses inutiles m'a détendue, je ne suis plus angoissée. 

Promis, demain ou très vite, un article plus constructif :)

Ps: j'ai de la chance que Jean Luc Lahaye ne se soit pas lancé j'aurais été obligée de vous dire que oui je connaisais pas mal de ses chansons par coeur. Feeeeeeeemmmmmeeeeee jte dédie ces mots, à toiiiii, rien qu'à toiiiiiiiiiiiiiiiiiii


lundi 16 juin 2014

Rêves de petite fille

Partager sa vie avec un homme aimant, parfait avec tout plein de défauts. Quelqu'un de simple, de gentil, de drôle. Mon meilleur ami, mon meilleur amour, mon meilleur amant.

Passer des weekends entre amis, entre rires et larmes, s'annoncer toutes ses nouvelles que l'on rêvaient d'entendre: "on se marie", "on attends un bébé", "j'ai trouvé un super boulot". Mûrir, évoluer ensemble, comme à nos 18 ans.

Se marier avant 30 ans, à l'église et en robe blanche

Avoir des enfants, en adopter plutôt qu'en faire. Les aimer comme si ils étaient notre sang.

Construire une maison, faire les plans, batailler pour la position de la chambre, la forme de la cuisine, la couleur de la salle de bain.

Vivre à la campagne. Avoir un chat, une biquette et un grand jardin.

Passer ses mois d'Août dans une maison avec vue sur la mer regarder les enfants s'amuser dans la piscine, les rejoindre et se dire que nous avons de la chance.

Fêter Noël, famille et belle famille réunies.

Voir maman vieillir dans de bonnes conditions, en forme, heureuse de nous recevoir certains dimanche pour le dessert.

Se lever chaque matin et faire un métier qu'on aime. Un métier où l'on se couche chaque soir heureux d'avoir aider son prochain. Un métier qui nous passionne. Faire d'une passion, une raison de vivre, un avenir, un métier.

Gagner suffisant d'argent pour vivre correctement, se loger, manger, s'habiller, et se faire plaisir.

Être heureuse, se sentir bien dans ses baskets, dans sa tête, dans sa peau, dans sa vie. Être épanouie et en bonne santé. 

Croire chaque jour un peu plus fort en nous, en notre degré de bonheur. Pouvoir se dire que notre voisin est peut être, en meilleur santé, plus beau, plus riche, mais peut être moins heureux. Ne pas se comparer. Aimer, sans rien attendre en retour. 

Voyager, s'ouvrir aux gens, à la vie. Aimer la vie telle qu'elle nous vient, lui donner des raisons de continuer. Se battre pour ce que l'on veut. Quitte à se brûler les ailes. Ne pas avoir de regret. Avoir foi en ses convictions.

Rêver. Chaque jour un peu plus.

dimanche 15 juin 2014

Voir plus loin que le bout de son nez

A tout ce petit monde borné, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, et qui s'arrête aux apparences...

Oui quand on me voit je suis "comme tout le monde", non je ne porte pas sur mon corps ou mon visage des traces d'un mal quelconque. Oui je souris, oui je rigole, souvent même. Oui je suis joyeuse. Je me maquille, je prends soin de moi, je mets des talons. Oui je vais parfois en soirée avec mes amis, à la plage, faire les magasins. Mais, je travaille à mi temps thérapeutique, je ne peux plus conduire seule la nuit car ma photophobie est encore présente, je ne peux plus sortir en boite de nuit parce que je ne supporte plus les musiques trop fortes, je fatigue vite et après une après midi à la plage je m'avachis comme une loque sur mon lit., je ne tiens pas des heures durant debout. (je ne dis pas ça pour m’apitoyer sur mon sort ou quoi que ce soit, je suis consciente que ce que je vis est mineur comparé à d'autres)
Alors voilà, en apparence je vais bien les gars, mais putain avant de me balancer des "t'as l'air en forme pourtant t'es toute souriante",  des "ah bon tu ne sors plus ???" et j'en passe, s'il vous plait, rappelez vous ce que j'ai vécu l'année et demi qui vient de s'écouler. Parce que oui, c'est le plus souvent ceux qui savent tout qui ont le culot, ou la non intelligence de dire des idioties de la sorte.

Des réflexions ainsi me mettent hors de moi. Sous prétexte que l'on est malade on ne devrait donc ne plus sourire, ne plus être enjoué, etc ?! Je suis bien consciente que les gens ne se rendent pas forcément compte de ce qu'ils disent, qu'ils ne faut pas leur en tenir rigueur, mais vraiment, c'est usant et surtout très blessant. 

Pour ma part, je suis déjà frustrée de ne pas pouvoir mener la vie que je voudrais et ce genre de réflexions me le rappellent chaque jour un peu plus. Personne n'est parfait, je suis certaine que j'ai déjà blessé quelqu'un sans m'en rende compte et même certainement en en était consciente. 
Heureusement, mais HEUREUSEMENT que les gens malades, même gravement, même condamnés, même malade pour la vie, sourient, rigolent, aient une joie de vivre. Heureusement bordel, sinon ce monde serait bien triste.

Je voudrais vraiment un monde où les gens se rendent compte de leurs bêtises, où les gens regardent plus loin que le bout de leurs nez, où les gens se rendent compte des idioties qu'ils peuvent sortir et s'en excuser. Un monde où les gens arrêtent de critiquer tout et rien, et balayent devant leurs portes avant de dire quoi que ce soit. Où les gens s'occupent de leurs affaires avant de se mêler de celles des autres, où les gens arrêtent de juger parce qu'ils se pensent meilleurs que les autres. Il ne faut pas oublier qu'on est tous conçus et mis au monde de la même façon. Partant de là, on est tous égaux.

mardi 10 juin 2014

Ce jour où je l'ai prise dans mes bras

Comme vous le savez maintenant, depuis plusieurs mois je m'efforce chaque jour un peu plus de devenir celle que je suis au fond de moi. Baisser la garde, laisser tomber les armes. Je suis une grande sensible, pourtant il y a beaucoup d'émotions que j'ai du mal à exprimer, dans la vraie vie. Ici c'est différent, écrire ses émotions sur du papier c'est tellement plus facile que de les exprimer à voix haute.

Je n'ai jamais dit je t'aime à ma maman, je ne l'ai jamais pris dans mes bras, pourtant je l'aime, très fort. Mais je n'y arrive pas, c'est ainsi. Et comme elle est pareil de ce côté là je crois qu'on y arrivera jamais mais à vrai dire, je ne pense pas que ce soit très grave. On se prouve notre amour par tellement d'autres façons.
J'ai toujours été ainsi, avec mes amis, pas de gros câlins, pas de je t'aime (sauf par sms ... mon dieu), pas de tout ça. Juste des preuves aussi. Les seules personnes avec qui j'arrive plus à être moins pudique sur mes sentiments sont mes amoureux, bizarrement. Les personnes qui, ont le sait, ne seront peut être pas là toute notre vie contrairement à notre famille ou nos amis proches. C'est d'ailleurs peut être pour ça que c'est plus simple... Tout ça pour dire que je pense que la seule personne qui m'ait vu moi même, sans armure, sans carapace, la seule à qui je dit je t'aime droit dans les yeux, c'est l'homme avec qui je suis restée le plus longtemps, celui qui je pensais serait l'homme de ma vie.

Mais, quand je suis tombée malade, c'est tout un changement qui s'est ouvert à moi. Un nouvel état d'esprit et je me suis surprise à être moins dans la retenue avec mes amis, les vrais, ceux qui sont venus me voir régulièrement toute l'année 2013 quand je ne pouvais pas bouger. Oui, je me suis surprise à avoir de petits gestes tendres, à m'appuyer sur une épaule quand j'étais fatiguée. Je me suis surprise surtout à ressentir l'amour, plus que dans mon cœur, dans mon corps. J'avais l'impression que je dégageais l'amour que je leur portais. C'est assez difficile à exprimer... J'ai aussi vu que je me laissais plus porter par mes émotions, je me suis surprise à verser quelques larmes devant un film, devant une série, là où avant j'aurais tout retenu et tout gardé en moi.

Avec le recul je me rends compte que j'ai appris à m'accepter telle que je suis, je suis celle que vous lisez, sensible, aimante, attentionnée et pourtant par peur, par pudeur je donne pas toujours l'amour que je voudrais donner aux gens. Mais de plus en plus, et surtout de plus en plus naturellement, sans que cela me demande d'efforts, sans que je m'en rende compte je me surprends à être plus démonstrative et ça me fait du bien. Et aux autres aussi j'imagine.

Ma meilleure amie me ressemble sur ce point, aussi sensible que moi, jamais on ne s'est dit je t'aime. Pourtant, récemment elle a vécu un grand bouleversement dans sa vie, une grande peine. Quand elle m'a annoncé la nouvelle par sms j'étais mal, mais quand je l'ai vu je n'ai su retenir mes larmes. La voir ainsi m'a déchiré le cœur. Timidement j'ai été lui faire un bisou sur la joue, elle m'a regardé avec ses grands yeux remplis de larmes et j'ai compris que ça lui faisait du bien. Et puis, j'allais partir quand son amoureux me rattrape me disant "elle veut te faire un dernier bisou", elle est venu vers moi et s'est écroulée dans mes bras. Je n'ai su retenir mes larmes, je l'ai serré très fort, je lui ai fait un bisou puis elle m'a regardé, m'a simplement dit " c'est dur putain ", et m'a à nouveau serré dans ses bras. En plus d'avoir compris ce jour là que plus qu'être ma meilleure amie, elle faisait partie de moi, j'ai aussi compris que je n'avais plus peur, plus peur de donner tout l'amour que je peux avoir.

La vie, ses épreuves, ses montagnes russes, nous apprennent beaucoup et nous font devenir les personnes que nous sommes vraiment. Celles qui sont au fond de nous depuis des années, qui grandissent, mais qu'on ne laisse pas toujours s'exprimer. 

mercredi 4 juin 2014

Passion. Passionnée. Passionnément. ACTE 5

Un jeune homme assis près d'eux observe la scène depuis toute à l'heure. Il regarde cette jeune femme, il la trouve belle. Il voit une femme mince, grande, aux yeux bleus tellement pétillants mais tellement emplis de larmes qu'il n'arrive pas à savoir si elle est heureuse ou non. Ce jour là, dans sa petite robe noire elle semble s'être apprêtée pour l'occasion. 

Ce qu'il ne sait pas c'est qu'avant ce rendez vous, elle a versée toutes les larmes de son corps, les nerfs, le stress, la peur de ce rendez-vous, de ce nouveau bonjour, de cette supposée nouvelle page. Elle y allait avec l'espoir que son ancien amour partage ses sentiments, son ressenti. Dans l'espoir qu'il ait changé, grandi, muri. Dans l'espoir que ses 4 ans aient fait de lui un homme aux épaules solides, un homme qui n'ait plus peur de l'avenir et qui affronte ses choix, ses colères, ses décisions. Non, tout ça, le jeune d'à côté ne le savait pas. Il voyait tout simplement un couple, en train de se séparer, de se rabibocher, de se disputer, il ne savait pas exactement. Mais c'était un couple qu'il voyait, pas deux personnes séparées depuis des années.

Les amoureux fraichement retrouvés, partent, ensemble. Elle lui serre la main tellement fort qu'elle en a mal mais qu'importe, qu'il est bon de sentir à nouveau sa peau contre la sienne. Elle n'a plus envie de penser à avant, à après, elle profite de l'instant présent. Elle pleure toujours, de joie, de tristesse, de fatigue, elle n'arrive même plus à savoir. Elle finit par s'arrêter, lui lâche la main et part s’asseoir sur un banc tout près.

Il la regarde, de loin, la laisse s'installer. Il n'arrive pas à croire ce qui est en train de se passer, il n'arrive pas à croire qu'elle est là face à lui, elle est tellement belle, il la regarde avec tellement de douceur et de tendresse qu'il en est lui même étonné. Comment as t il pu continuer si longtemps sans elle. Il s'approche tout doucement, la regarde avec une intensité qui la traverse, lui prend le visage pour l'embrasser tendrement d'abord et si fougueusement ensuite qu'ils en restent eux même scotchés. Rien n'est perdu, ils ont tout retrouvé. L'amour ne s'oublie pas, les émotions qui vont avec non plus

Il s'assoit à côté d'elle, enlève sa bague. Une bague toute fine en or, qu'il a depuis plusieurs années. Rien de vulgaire, pas le genre de bagues à l'américaine, non une petite bague que l'on pourrait prendre pour une alliance si il ne la portait pas à la main droite. Il enlève sa bague, et la lui passe au doigt. L'annulaire gauche, comme il aimait tant le faire au début de leur relation. Et comme avant, elle le regarde en souriant, elle retrouve celui qui des années auparavant l'a fait rêver. Une bague passée au doigt, ce n'est rien, mais pour cette romantique si émotive s'était chargé de signification.

Sans trop savoir pourquoi, elle regarde sa main, elle tourne la tête, le regarde, et tout doucement un oui sort de sa bouche. Elle même étonnée de ce qu'elle vient de dire, elle s'empresse de mettre sa main devant sa bouche comme pour ravaler ses mots....


lundi 2 juin 2014

Au carrefour de nos vies

J'avais commencé cet article de manière hyper pessimiste et pas du tout positive sur notre société actuelle et les modes de vies et de pensées qui s'installent en ce moment. Ces modes de vie, ses croyances, ses discours tous plus affligeants les uns que les autres. La course à la réussite professionnelle, personnelle. La course, voilà ce que sont devenus nos vies en 2014. Une course. Perpétuelle. On veut toujours plus, toujours mieux, on vit dans un système qui nous pousse au bout du bout. La consommation d’anxiolytiques, d’antidépresseurs est à son max, les médecines parallèles explosent pour contrebalancer tout ça et faire en sorte que les gens se sentent bien. Et tant mieux.

Bon, je ne voulais pas continuer sur des notes négatives pourtant j'ai bien l'impression que si. Qu'importe. Ce soir j'ai un poids sur la poitrine, et une colère que j'ai besoin d'exprimer (elle s'exprime déjà toute seule depuis plus de 24h par une prénommée: migraine).
Bref, tout ça pour dire que plus le monde avance, plus la course à la réussite me fatigue. Dans tous les sens du terme. Les gens sont sous pression permanente. Il faut réussir, dans sa vie pro, dans sa vie perso. Avoir une bonne place, être mariée, épanouie et toujours au top. Tout mener de front sans broncher. Mais merde, moi j'ai pas envie de mener ma vie comme cette nana vue hier dans Zone Interdite hier qui cherche un mec comme elle cherche un logement ou une voiture, avec son petit cahier où elle note tout, donne des notes (aux différentes options que présente le mec qui est pris pour un objet) même la superficie de leurs appartements. On rêve là non.

Une vie c'est pas ça, une vie c'est pas millimétrée, une vie c'est pas se lever le matin en allant au boulot et en se disant qu'on va encore voir la sale gueule de son patron qui pousse à bout ses employés parce que faut faire du chiffre. Une vie c'est pas choisir son mec sur papier, sur CV, sur la superficie de son appart ou le boulot qu'il fait. Elle est où la magie dans tout ça ? Oui, moi je fais partie de celles qui pensent que la magie dans la vie ça existe encore. Qu'il faut laisser un peu de place à l'improvisation, au risque de se brûler les ailes. Mais c'est ça la vie non ? On en a qu'une jusqu'à preuve du contraire alors merde.

Effectivement à l'heure actuelle, j'en ai gros sur la patate et sur le coeur. J'suis à un moment de ma vie où mon taf ne me plaît plus, où je me retiens de ne pas exploser au bureau (je le fais là plutôt), où mon coeur est en reconstruction. Oui, je cherche l'homme qui me rendra heureuse celui avec qui je me marierais en robe blanche et avec qui je ferais construire une maison, mais non je ne fais pas passer d'entretien d'embauche aux garçons.

A la croisée de ma vie, de nos vies, je sais que les mois à venir seront difficiles, que je ne peux pas tout quitter du jour au lendemain, que ce poids sur la poitrine je l'aurais certainement encore quelques mois. Mais si il y a bien une chose que je me promets c'est de ne pas me laisser embarquer dans tous ses stéréotypes et toutes ces vies déjà tracées qu'on nous exposent tous les jours. J'écouterais parfois mon coeur, parfois ma raison, je ferais des efforts, je ferais des erreurs, mais je ne pourrais m'en prendre qu'à moi même. Je n'aurais pas de regret, je n'aurais pas suivi ce moule déjà prêt dans lequel nous devons tous rentrer.

Désolé pour cet article un peu brouillon, quand c'est le bazar dans la tête ça l'est aussi dans les mots.