dimanche 27 avril 2014

Passion. Passionnée. Passionnément. ACTE 4



Son café arrive. Elle ne décolle pas ses yeux de la table. Elle n'arrive plus à bouger, à le regarder. Elle boit son café lentement, les secondes, les minutes passent. Tous deux demeurent silencieux.

Lui, se sent vulnérable, stressé. Il vient de se mettre à nu. Il en a tellement peu l'habitude qu'il est lui aussi chamboulé. Nerveusement, il remonte les manches de sa chemise, il a chaud, son cœur bat beaucoup plus vite que la normale, les mains moites, la gorge sèche. Il se sent à poil. Il n'arrive pas à croire qu'il vient de lui dire tout ça. 4 ans après, 4 ans. 4 années pendant lesquelles ils se sont croisés plus ou moins souvent. 4 années pendant lesquelles il a fait sa vie, bâtit des projets, construit son avenir, sans elle. 4 années, où parfois pendant des semaines il n'a pas pensé à elle. Mais pas du tout. Il se remémore tout ça et se dit que finalement il devait y penser tout de même sinon il ne serait pas ici. Mais l'inconscient est tellement puissant, quand on veut se convaincre que telle ou telle personne n'est pas faite pour nous on y arrive. Mais, le destin ou le hasard selon les croyances finit toujours par vous ramener au cœur des choses. Au cœur de vos sentiments. Preuve en est, il se trouve là, les bras ballants, la langue pendante devant une fille devenue femme qu'il a aimée profondément et qui contre toutes attentes aime toujours. Ses yeux bleus se perdent un peu, il réfléchit, fait le bilan de toutes ces années.

Elle lève enfin les yeux. Le regarde, souris, lui prend la main pour la lâcher aussi vite. Elle n'est pas à l'aise, lui tenir la main semble tout de même peu approprié, le regarder droit dans les yeux est difficile, elle sait qu'elle va craquer. Trop d'émotions, trop de choses non dites depuis des années, déballées ainsi après tant de temps... Elle ne sait pas quoi lui dire... Les yeux remplis de larmes, elle finit par se lancer:

" Je vais me retenir d'hurler, pleurer, ou te prendre dans mes bras. Pourtant l'envie y est. Mais j'ai envie de faire les choses bien. J'ai envie de te dire, viens, mon appart n'attend plus que toi. Viens je vais te faire un double des clés. On reprend là où on s'est arrêté et on continue. Mais j'peux pas. On ne peut pas. C'est pas possible. Faut y aller progressivement. Faut qu'on se découvre, qu'on découvre comment on a évolué. Faut qu'on sache y mettre du nôtre si on veut que ça marche. Faut qu'on fasse tout ça tu vois.". 

Il la regarde, aucun mot ne sort de sa bouche, il ne sait pas quoi lui répondre. Il ne sait plus. Et elle, elle pleure, en silence. Elle s'était promis de ne pas le faire mais c'est plus fort qu'elle. 4 années à l'aimer si fort, si clandestinement, si honteusement même, 4 années remises sur la table en l'espace d'une heure. Il faut que ça sorte, il faut qu'elle se libère de toutes ses choses qu'elle n'a pas dites, tout ce silence, tous ces mots refoulés à chaque fois qu'elle le croisait. 

Il ne supporte plus de la voir ainsi, il ne veut plus la voir pleurer, alors doucement, sans même qu'elle s'en rende compte il se lève, dépose un billet sur la table, la prend par la main pour la serrer dans ses bras. Fort. Très fort....


4 commentaires:

  1. Joli texte très prenant, touchant et saisissant...
    Mais j'ai cru que c'était autobiographique, ouf! :D

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    1. Ahah non ce n'est pas autobiographique et si ça avait été le cas, ça n'aurait certainement pas été celui à qui tu penses ;))
      Bisous ma belle

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  2. Je veux la suite, je l’aime trop cette histoire <3

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Je me ferais un plaisir de vous lire les filles