mercredi 30 avril 2014

L'angoisse.


 Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de l'angoisse. Ce mal qui bouffe malheureusement beaucoup d'entre nous. 

Il y l'angoisse que je qualifierais de "normale", on est tous angoissés à certains moments de nos vies: examens, évènement important, etc. Mais ça ne dure qu'un temps. Et puis il y a l'autre type d'angoisse. Celle que les médecins appellent "angoisse généralisée", celle qui arrive rarement par hasard. Celle qui touche les gens plus sensibles, les gens qui avaient déjà un terrain anxieux à la base, les gens qui subissent un gros traumatisme dans leurs vies, etc... 

Quand l'angoisse devient généralisée c'est toute notre vie qui est remise en considération. On n'appréhende plus du tout la vie de la même façon, tout tourne autour de cette angoisse, de ce mal, de la peur de LA crise d'angoisse qui nous fait perdre tout contrôle. Au départ, la première fois, on ne comprend pas trop ce que s'est, vertiges, sueurs, envie d'aller aux toilettes, jambes en coton, vue troublée, cœur qui bat plus vite que la normale. Ça fait peur, très peur. Les premières fois ont croit vraiment que l'on va mourir, que c'est la fin, puis au fil du temps, au fil des rendez-vous chez le médecin, ou autres on comprend que non on va pas mourir, c'est désagréable, ça fait peur mais ce n'est pas grave en soi. Les jours, les mois, les années, pour certains, passent et la gestion de cette angoisse se fait plus ou moins difficilement. 

On évite la foule, ou alors on s'y confondre mais non sans peine, à coups de crispation de tout le corps, à coup de lexomil, à coup de " et si ", à coups de "j'ai besoin d'être rassurée là tout de suite ", j'en passe et des meilleurs. 
On vit dans la peur de refaire une crise, de ne pas réussir à la gérer. C'est usant, moralement déjà, on devient dépendant des gens, on a peur de faire les choses seul, de peur de faire une crise, on pense qu'on se sera plus comme avant. Avant, on y pense souvent, avant quand on pouvait prendre sa voiture pour aller n'importe où, avant quand on pouvait sortir, aller au resto, faire du shopping, aller au cinéma, détendu, relaxé, heureux. Avant c'était ça. Quand on est pris dans la spirale de l'angoisse tout devient différent.
La peur fait partie du quotidien, l'angoisse nous maîtrise, on n'arrive pas à la maîtriser. Elle devient maître de nous, de nos actions. 

Y'a l'angoisse de tous les jours, on la ressens en général dès le matin, quand on a mal aux jambes, sans doute trop crispée de la nuit. On la ressens la journée quand on doit se déplacer, aller au boulot, faire des courses. L'angoisse on la ressens à chaque fois qu'on prend un putain de quart de lexomil pour être un peu mieux. L'angoisse on la ressens dans son lit quand d'un coup on y pense et on se dit merde j'ai l'impression de tanguer là, on la ressens la nuit quand on se réveille en sursaut le souffle coupé, on la ressent au cinéma dans une salle blindée en se demandant ce qu'on fout là. L'angoisse on la ressens quand à bout on retiens ses larmes, ses larmes de tristesse et de colère d'être ainsi. L'angoisse on la ressens qu'on on décline une invitation d'un vague " je me sens pas bien ", l'angoisse on la ressens quand on a honte d'en parler, quand on a honte d'être comme ça.

L'angoisse on la ressens dans les yeux ou les paroles d'autrui qui disent " oh mais ça va là, arrête, pourquoi tu stresses y'a pas de raison, y'a rien ". L'angoisse c'est aussi l'incompréhension des autres, qui ne comprennent pas, à qui on ne montre rien.

L'angoisse, elle se cache souvent sous un sourire, un air enjoué et jovial qu'on finit par perdre tout doucement, lentement, quand on voit que rien n'y fait rien.




dimanche 27 avril 2014

Passion. Passionnée. Passionnément. ACTE 4



Son café arrive. Elle ne décolle pas ses yeux de la table. Elle n'arrive plus à bouger, à le regarder. Elle boit son café lentement, les secondes, les minutes passent. Tous deux demeurent silencieux.

Lui, se sent vulnérable, stressé. Il vient de se mettre à nu. Il en a tellement peu l'habitude qu'il est lui aussi chamboulé. Nerveusement, il remonte les manches de sa chemise, il a chaud, son cœur bat beaucoup plus vite que la normale, les mains moites, la gorge sèche. Il se sent à poil. Il n'arrive pas à croire qu'il vient de lui dire tout ça. 4 ans après, 4 ans. 4 années pendant lesquelles ils se sont croisés plus ou moins souvent. 4 années pendant lesquelles il a fait sa vie, bâtit des projets, construit son avenir, sans elle. 4 années, où parfois pendant des semaines il n'a pas pensé à elle. Mais pas du tout. Il se remémore tout ça et se dit que finalement il devait y penser tout de même sinon il ne serait pas ici. Mais l'inconscient est tellement puissant, quand on veut se convaincre que telle ou telle personne n'est pas faite pour nous on y arrive. Mais, le destin ou le hasard selon les croyances finit toujours par vous ramener au cœur des choses. Au cœur de vos sentiments. Preuve en est, il se trouve là, les bras ballants, la langue pendante devant une fille devenue femme qu'il a aimée profondément et qui contre toutes attentes aime toujours. Ses yeux bleus se perdent un peu, il réfléchit, fait le bilan de toutes ces années.

Elle lève enfin les yeux. Le regarde, souris, lui prend la main pour la lâcher aussi vite. Elle n'est pas à l'aise, lui tenir la main semble tout de même peu approprié, le regarder droit dans les yeux est difficile, elle sait qu'elle va craquer. Trop d'émotions, trop de choses non dites depuis des années, déballées ainsi après tant de temps... Elle ne sait pas quoi lui dire... Les yeux remplis de larmes, elle finit par se lancer:

" Je vais me retenir d'hurler, pleurer, ou te prendre dans mes bras. Pourtant l'envie y est. Mais j'ai envie de faire les choses bien. J'ai envie de te dire, viens, mon appart n'attend plus que toi. Viens je vais te faire un double des clés. On reprend là où on s'est arrêté et on continue. Mais j'peux pas. On ne peut pas. C'est pas possible. Faut y aller progressivement. Faut qu'on se découvre, qu'on découvre comment on a évolué. Faut qu'on sache y mettre du nôtre si on veut que ça marche. Faut qu'on fasse tout ça tu vois.". 

Il la regarde, aucun mot ne sort de sa bouche, il ne sait pas quoi lui répondre. Il ne sait plus. Et elle, elle pleure, en silence. Elle s'était promis de ne pas le faire mais c'est plus fort qu'elle. 4 années à l'aimer si fort, si clandestinement, si honteusement même, 4 années remises sur la table en l'espace d'une heure. Il faut que ça sorte, il faut qu'elle se libère de toutes ses choses qu'elle n'a pas dites, tout ce silence, tous ces mots refoulés à chaque fois qu'elle le croisait. 

Il ne supporte plus de la voir ainsi, il ne veut plus la voir pleurer, alors doucement, sans même qu'elle s'en rende compte il se lève, dépose un billet sur la table, la prend par la main pour la serrer dans ses bras. Fort. Très fort....


mercredi 23 avril 2014

GENERATION Y

Génération 2.0, Génération je ne sais quoi, Génération Geek scotché à nos ordi/téléphones/tablettes,
Génération Like, Poke, Match, Charmes.

Quel ennui aujourd'hui, marre d'être célibataire, allez je m'inscrit sur adopteunmec. 
Un charme, deux charmes, trois charmes, ouai, pas mal, ah non trop petit, trop grand, trop maigre, trop gros, ah tiens lui, pas mal, ok va pour un oui à ton charme. Toujours les mêmes questions: âge, CSP, tour de poitrine, taille de ... , tu recherches quoi? T'as Facebook ?!

Ok, va pour Facebook. 
C'est parti pour la fouinasse dans toute sa splendeur: tu regardes, tu likes, tu fouines, tu cherches, tu trouves, tu retires de ta liste d'amis, tu te dis PUTAAAAIN LES GARS JE L'AI, C'EST LUI L'HOMME DE MA VIE. Un 06?

Ok, va pour le 06. 
Sms à foison, appels, tiens si on se voyait IRL (in real life tu m'auras compris toi génération 2.0)

Ok, va pour le IRL.
Un rendez-vous, deux rendez-vous, trois rendez-vous des sourires gênés, des regards appuyés, des rires, très important les rires, si il te fait rire t'as une chance sur deux de finir dans son lit (c'est pas prouvé, mais testé)


Entre temps bien sur, tu l'auras ajouté sur : 

Instagram, regardé ses abonnements, ses abonnés, te dire que le mec est abonné à Jenifer ....
COOL vous pourrez regarder The Voice ensemble

Whatsapp, ainsi tu sais quand il s'est connecté et qu'il a même pas répondu à ton message, tu as au moins une raison de pleurer

Skype, parce que franchement, quand il te vois pas au bout de 2 jours il commences à manquer d'air alors te voir bouffer tes céréales sur ton canap en pyjama, le cheveux gras, ça lui fait un bien fou


Twitter, tu l'auras gardé pour toi, au moins un endroit où tu peux gueuler en toute tranquillité quand par malheur il a posté une photo avec une fille à côté de lui (enfin à la table d'à côté mais quand bien même, depuis quand il a le droit de fréquenter des endroits où y'a des nanas aux alentours, il peut pas jouer à la console avec ses potes, COMME TOUT LE MONDE).

Génération Y, Génration 2.0, Génération qui se rencontre sur Adopte, se like sur Facebook, s'envoie des photos CENSURED sur Snapchat, baise via Skype,
se quitte sur Whatsapp et se retrouve sur Tinder.

Génération de tous les excès, génération qui va trop loin. Quand je vois à quel point les filles, ou les mecs d'ailleurs peuvent se rendent malade pour une photo postée, un like de trop... Je me dis qu'à l'époque ils avaient pas tous ces soucis qu'on se créent nous même. Ils s'envoyaient des lettres pour se donner rendez-vous, des lettres quoi ! Et j'crois pas qu'ils étaient plus malheureux que nous, au contraire.

Et puis, comme cet article est un paradoxe à lui tout seul, rempli de second degré, nous l'aurons compris, j'en profite pour poster sur mon blog ce tweet récemment publié:


Sur ce, à plus tard sur Hellocoton !!



FACEBOOK - TWITTER - HELLOCOTON

Ps: après lecture de cet article une copine m'a dit "ah tu t'es inscrite sur adopte ? " hihi ;) , donc je précise que nooon, cet article parle de généralité et non de mon expérience perso :)

mercredi 16 avril 2014

Ah ouai, une secte quoi.


Je vous en avais déjà parlé je pense, mais depuis que j'ai été malade je me suis ouverte aux médecines parallèles, douces, et tout ce qui s'y rapporte. J'ai testé l'hypnose, les magnétiseurs, le micro kiné, la kinésiologie, la méditation, l'écoute de son soi intérieur, etc etc ....

J'ai toujours cru en ces médecines parallèles et au fait que nous sommes propres maîtres de notre corps et qu'il faut en prendre soin. Alors j'essaye de m'entourer des bonnes personnes pour m'y aider.

Toutes les semaines je vais à des cours de "bien être". Pendant 1h30 - 2h on apprend à s'occuper de son corps notamment par l’accu-pression qui consiste à appuyer sur des points bien précis de notre corps pour nous aider à guérir, pour faire circuler nos énergies qui peuvent être bloquées, etc. On apprends différents types de respiration, on fait de la méditation guidée où pendant 15 minutes on se laisse porter par la voix de la prof et on se détend. Ce cours me fait énormément de bien, j'en ressors toujours plus légère, plus sereine

Alors bien sûr, on fait des exercices "bizarres", respirer très fort par le nez, se contorsionner pour trouver le bon point où appuyer, marcher partout dans la salle au son d'un tambour, etc etc .... 
Je ne vous cache pas que la 1ere fois où j'y suis allée je me suis pas du tout sentie à ma place, je trouvais ça trop bizarre, puis au fil des cours je me suis sentie de plus en plus à l'aise et maintenant j'attends avec impatience mon cours chaque semaine.

Et mon entourage dans tout ça ? Combien de fois ai-je entendu "mais t'en a pas marre de faire tout ces trucs bizarres et de dépenser ton argent par les fenêtres ??? "  , ou encore " c'est une secte ton truc", "tu vas finir par fumer des joints, arpenter les festivals tous les weekends habillée en babacool ". Que je rassure tout le monde, non ce n'est pas une secte, non un joint n'a jamais tourné dans nos cours, et oui je vais au cours avec mon rouge à lèvres rouge si ça me chante. Bref, rien de plus normal.

Et bien souvent, j'aime rajouter que oui effectivement vu de l'extérieur tout ça peut paraître bizarre, mais c'est ma façon à moi d'essayer d'aller mieux, de me guérir, d'être plus en harmonie. Bien sur, je ne vais pas vous cacher que par exemple dans mes cours je suis la plus jeune, mais je préfère tellement m'être ouverte à tout ça maintenant que dans 15 ans. Plus tôt on prend conscience de comment se faire du bien, de comment être mieux dans son corps et dans sa tête plus vite on arrivera à affronter les épreuves de la vie. 

Chacun mène sa vie à sa façon, certains préfèrent donner toute confiance à leurs médecins et au corps médical, d'autres préfèrent se tourner vers les médecines parallèles. Le principal est de ne pas juger les choix de son ami, de sa soeur, de son père.

C'est ce qu'on appelle, je crois, la tolérance et le respect :)

mardi 8 avril 2014

Les mots.

Les mots qui réchauffent le cœur, les mots qui font rougir les joues, les mots qui chamboulent l'esprit, les mots qui donnent des frissons, les mots qui font pleurer les yeux, les mots qui donnent envie.

Les mots durs, les mots crus, les mots doux, les mots sensuels, les mots qui blessent, les mots qui réconfortent, les mots dits sans réfléchir, les mots pesés et réfléchis, les mots dits sans les penser, les mots que l'on attend, ceux que l'on entendra jamais, les beaux mots, les mots difficiles à entendre.

Les mots tendres, les mots qui font l'effet d'une bombe, les mots susurrés à l'oreille, les mots criés à la terre entière, les mots dits tard le soir, ceux que l'on oublie au matin, les mots écrits mais jamais dit, les mots assassins, les mots qui tordent le cœur, les mots entendus sans s'y attendre, les mots difficiles à accepter, les mots que l'on n'oubliera jamais.

Les mots de la maman au bébé encore dans le ventre, les mots des enfants dans la cour de récré, les mots si blessants parfois des adolescents, les mots des lycéens soufflés entre deux clopes devant le lycée, les premiers je t'aime, les premiers je te quitte, les mots des jeunes adultes qui se cherchent, qui se trouvent.

Les mots des gendarmes annonçant les mauvaises nouvelles tôt le matin ou tard le soir, les mots des maires, des curés, les 'oui' je le veux, les 'oui' pour la vie, les 'oui' je divorce, les premiers 'bonjour', les derniers 'au revoir'. 

Les mots que l'on aime dire, ceux que l'on aime par dessus entendre, les mots que l'on ne voudrait jamais entendre, les mots que l'on n'osera jamais dire, ceux que l'on regrette.

Le pouvoir des mots.


dimanche 6 avril 2014

Ça n'arrive pas qu'aux autres

En ce week-end de sidaction j'avais vraiment envie de faire un article à ce sujet. Soyons clairs, cet article n'est ni une leçon de morale ni quoi que ce soit.

Je fais partie de ces personnes, que certains appelleront paranos, moi je me trouve plutôt prudente et consciente, pour qui il est inconcevable de faire l'amour avec un homme sans préservatif. Si l'un et l'autre n'ont pas fait de test de dépistage c'est clair net et précis. Préservatif sinon rien

Pourtant, tristement je trouve, je passe parfois pour un ovni, je ne compte plus les gens autour de moi (et je ne parle ici pas que de une ou deux personnes mais bien plus) qui se disent oh bah non nous on le fait sans capote, ça va il est clean! Ah ouai !? Comment tu le sais ? Bah je lui fais confiance. Désolé ma chérie, mais à ce niveau là la confiance peut être mortelle.

L'autre jour, une amie, me dit " On le fait sans capote, mais je prends la pilule et en plus il a couché qu'avec deux filles avant moi " euhhhhh mais bordel bichette, c'est cool tu prends la pilule tu n'auras pas de gosses, mais qu'il ait couché "qu'avec" deux filles ne change rien mais strictement rien au fait qu'il peut être contaminé. Tu peux même me dire qu'il n'a couché avec aucune fille avant toi c'est pareil. T'es au courant que le VIH ne se transmet pas que sexuellement ?!

Bon, je passe pour la rabat joie, je sais, mais MERDE, c'est pas quand il sera trop tard. On vient quand même d'une génération, où au collège, au lycée, on a été sensibilisé à tout ça !!! Chez moi, on parle pas de tout ça, c'est comme ça. Mais ce n'est pas pour autant que je ne suis pas au courant des risques etc, c'est d'ailleurs pour ça que la prévention extérieure existe. Et heureusement. Malheureusement, j'ai bien l'impression que rien n'y fera. 

" Oui mais tu comprends ça lui coupe l'envie quand il met une capote " : bah moi ce qui me coupe l'envie c'est de savoir que tu peux potentiellement choper une maladie dont les effets te feront mourir.

" Mais je prends la pilule " : cool, pas de bébé dans ton ventre, mais ça te protège pas du VIH ni de toutes les infections que tu peux choper sexuellement.

" Non mais dans l’excitation on a oublié " : AH OKKK.

Bref, moi ça me soule et ça me choque d'entendre encore ce genre de discours en 2014. Tu veux niquer sans préservatif ? Fais un test, ton partenaire aussi, voyez que les deux sont négatifs et éclatez vous! 10 min de votre temps dans un labo, peut vous épargnez bien des souffrances.


Faites l'amour, pas la guerre, mais protégez vous.