jeudi 20 février 2014

Le long de la route

21 Décembre 2012. On est venu me chercher, sans prévenir, enfin si, en me prévenant justement pas mal de fois, avis de passage, lettre recommandé, mise en contentieux etc etc. Mais j'ai rien vu. Et c'est là que tout a commencé. 

En voiture la brune, et GO. J'conduis pas, non, j'suis côté passager, spectatrice, je vois rien, je sais pas où on va. Mais on y va. Départ en force, le cul scotché au siège je me demande bien comment je vais sortir de la. Ça pars très vite. En quelques secondes la vitesse de croisière est dépassée, largement. On passe de la 2ème à la 6ème en quelques secondes. Panique à bord. Où vas t on? Avec qui? Pourquoi ? Et surtout combien de temps? Non, parce que t'imagine bien que j'ai pas eu le temps de prendre le nécessaire de 1er secours. Quedal.

Bref, j'ai pas le choix. J'suis là. Portes verrouillées, jme cramponne dur, jfais pipi dans ma culotte et j'attends. Les routes sont sinueuses, semées d'embuches, d'obstacles. Le temps passe, les jours, les semaines, les mois. 

J'en ai vu des paysages. J'en ai traversé des tempêtes, des ras de marées, des ouragans même parfois. Heureusement j'ai aussi eu un temps plus clément parfois, juste quelques petites averses, une petite brise et aussi parfois un beau ciel bleu, un soleil réchauffant le cœur, le corps et l'esprit.

 Lors de quelques haltes, j'ai pu laisser sur le bas côté des choses nocives, des gens malsains, des pensées erronées. Le chemin a été long. Éprouvant. Aussi éprouvant et difficile qu'il a pu être il m'a appris tellement.

Parfois, des choses se sont brusquement mises sur mon chemin, forçant à piller de toutes forces pour ne pas les percuter. Le destin fait bien les choses, il a mis sur mon chemin, des gens remplis de bonnes attentions qui m'ont permis d'apprendre des tonnes de choses. Ils m'ont appris à ne plus devenir passager justement et à prendre le contrôle. Ne plus être scotchée au siège et maîtriser la route. Rétrograder quand il le fallait et accélérer, même en pleine nuit, même quand les feux ne marchaient plus, juste pour voir que je pouvais me faire confiance. Je savais où j'allais désormais.
Je sais où je vais, comment j'y vais et avec qui je veux y aller.

21 Février 2014. Le chemin parcouru depuis ces 14 mois est immense. Je peux le dire aujourd'hui, je suis fière de moi, j'ai su apprendre à gérer la maladie, les choses annexes qui s'y reliaient, les gens, mes ressentis, mes émotions. Je me suis ouverte à tout plein de choses: la méditation, l'hypnose, l'acceptation, etc etc .... Je reprends bientôt le travail, je sais que l'étape sera difficile, ce sera peut être la plus difficile, mais une fois qu'elle sera franchie....
Je pense, j'espère, que tout coulera de source.

Le voyage n'est pas fini, il ne le sera jamais totalement. Le voyage c'est la vie.

mardi 4 février 2014

La vie par procuration

Tu te souviens? Mais si, rappelle toi: .

Bah il arrive que parfois, ces cicatrices se réveillent un peu, deviennent plus gonflées, plus rouges, moins discrètes. Bah oui, on appuie dessus, on appuie là où ça fait mal. Et après faut gérer. Comme on peut. Les cacher? Oui mais c'est remettre ces murs que tu as mis tant de temps à construire ce serait dommage quand même non ?! Alors je pense qu'il faut les accepter. Oui j'ai peur. Oui j'suis pas bien douée pour tout ça. Je ne sais plus ce que s'est en fait. Ça me fait peur, c'est tellement loin. Ça fait du bien? Oui, surement, mais j'vois juste que j'sais pas gérer. J'sais pas comment on fait, j'sais pas ce qu'on doit dire ou faire. Je pèse mes mots, puis jlâche tout, comme une bombe, j'suis un peu maladroite, un peu bancale

Naturellement, je remets alors mes barrières, bah oui quoi ? Tu comprends pas ? C'est plus simple. Pas de question, pas de stress, rien. Nada. Juste moi, mes murs, mes protections, mes carapaces. J'crève d'envie qu'on les défonce, qu'on m'délivre de tout ça, pour être moi. Jcrève d'envie que tu vois qui je suis réellement sans carapaces, sans angoisses, sans toutes ces chaînes que je m'inflige et qui me collent à la peau sans que je sache m'en défaire. Je sais plus aimer, pardonne moi, j'ai envie jte promets, mais je sais plus. Apprends moi au lieu de gueuler, au lieu de dire que j'peux le faire. Comprends moi. C'est pas simple? Je sais.
 
C'est simple pour personne, mais quand on a tout ça devant nous, on peut pas essayer de faire un effort chacun de notre côté? Oui je sais. T'en fais. J'en demande trop? Surement. Mais j'suis partagée tu sais, partagée entre me dire que c'est pas le bon moment que j'ai mieux à faire, mais d'un autre côté c'est tellement bon de revivre ne serait ce que quelques instants ces choses là. J'crois que ce que je veux c'est impossible, quelqu'un qui accepte de partager ce moment difficile de ma vie, qui comprends que malgré l'envie de faire tout plein de choses, y'a aussi tout plein de choses qui me bloque et qui m'en empêchent. Quelqu'un qui sache tout ça, et qui reste quand même. Qui sache me donner un coup de pied au cul quand il le faut, mais qui me comprenne. Parce que je sais peut être plus comment aimer. Mais j'ai su, et j'ai envie de ré-apprendre.

C'est pas simple hein, ce retour à la vie. Retrouver une vie normale tout en faisant attention à sa santé, tout en essayant de régler ses foutues angoisses qui bousillent beaucoup de choses.

L'impatiente se fait ressentir au plus haut point, c'est dur bordel, de vivre en parallèle, de voir sa vie, d'y être sans y être, de pas réussir à la maîtriser, à l'appréhender.
L'impatience
, ce mot me caractérise ces derniers temps. J'en ai marre. Je suis fatiguée. Le chemin est encore long, la reprise du travail, la reprise de la vie, la vraie risque d'être rude. Mais malgré tout ça, j'y crois.

J'ai envie d'y croire bordel. J'ai envie de me dire, que oui ça va pas être simple mais que j'vais y arriver. Que ma famille, mes amis seront là. J'ai envie de croire que j'arriverais à pleurer et à baisser les armes quand ça n'ira pas, que je n'attendrais pas le point de non retour. Que je sais trop où ça nous mène. J'ai envie de croire en moi, en mon corps qui ne m'a pas lâché ces 13 derniers mois malgré tout ça et qui va continuer. J'ai envie de croire que je suis capable de tout vivre, sans me laisser dépasser par mes émotions, mes angoisses.
Et puis, par dessus tout, j'ai envie de croire que je suis capable d'aimer et d'être aimer.