lundi 27 janvier 2014

Passion. Passionnée. Passionnément. ACTE 3


" Oui, maintenant écoute moi. J'suis pas bien doué pour les grands discours, tu le sais. Pour commencer, merci. Merci de m'avoir appelé. Tu m'connais, je l'aurais jamais fait de moi même, même si j'en ai souvent eu envie. On dit que de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas. Ces dernières années j'en ai été la preuve vivante. Te quitter a été une épreuve pour moi tu sais, renoncer à toi a été difficile. Mais je n'y arrivais plus. Je n'ai jamais su t'expliquer pourquoi. Car même moi je ne l'ai pas compris. Je t'aimais, mais j'pouvais pas. J'assumais pas. Et oui, je dois bien l'avouer. J'assumais pas, toi et ta grande gueule. Toi qui tenais tête à ma mère, toi qui me tenais tête devant mes potes. J'suis fier tu le sais, j'étais jeune, et voilà j'assumais pas. Je sais, oui c'est con et immature. Mais c'est ce que j'étais. Un pauvre con, immature. Et j'ten ai voulu. Alors je te l'ai fait payer. Quoi? Oui je sais que c'est idiot. Que j'suis un connard. Mais j'ai changé. J'ai compris. 

Alors oui, bien sûr, des femmes ont aussi partagé ma vie, mon corps, mon lit. Mes projets. Elles étaient comme je voulais. Un peu trop sans doute. Toi et ton caractère de con, vous me manquez. Toi, ta place sur le canapé, tes éclats de rire, tes blagues de merde. Tu me manques.

Je m'en suis voulu. Faut pas se leurrer, j'ai vu hein, ton corps changé, tes traits se tirer, tes kilos s'envoler. J'ai vu tout ça. Mais c'était plus fort que moi, j'voyais plus l'étincelle dans tes yeux... J'voyais que tes remarques, nos remarques, mes pics incessants. C'était plus fort que moi, fallait que je te touche, en bien, en mal, j'avais ton attention c'était déjà pas mal.... Mais tout ça je l'ai compris après, quand tu as du partir. J'me suis rendue compte que j'avais merdé, que j'avais laissé passer celle qui me faisait vibrer. C'est pas simple. C'est même difficile de l'admettre. J'crois que, je t'aime toujours. Différemment bien sûr, après ces quelques années comme tu le dis, on a changé, on a grandi, on a muri. Mais j'ai envie de connaître celle que tu es devenue, et puis, j'ai aussi envie que tu vois celui que je suis maintenant.... "

L'homme qui se tient devant elle, n'est pas celui qu'elle a connu, ces mots sont plus réfléchis. Il s'ouvre, chose qui lui était impossible quelques années auparavant. Elle a bien entendu tout ce qu'il lui a dit. Mais elle demeure silencieuse, touche nerveusement ce qui se présente à elle, sa tasse, sa petite cuillère. Elle fait signe au serveur, il lui faut un autre café. Il faut qu'elle réalise ce qu'elle vient d'entendre. Elle ne le regarde désormais plus dans les yeux, elle a peur de voir ce qu'elle a vu tellement de fois: ses yeux doux qui la font flancher à chaque fois et lui font perdre toute objectivité....
Lui demeure désormais silencieux, il attend une réponse, un signe, qu'elle ne lui donne pour le moment pas...

7 commentaires:

  1. Whaou... Bon... Ça fait un petit moment que je suis partie... C'est lui?

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    1. ... Ah mince!
      C'est très bien écrit en tout cas!
      Des bises

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  2. Superbe texte qui, je dois bien l'avouer, m'a mis les larmes aux yeux. Le dernier homme que j'ai quitté, je l'aimais comme une folle et je crois bien que 7 mois plus tard je n'en suis pas encore totalement guérie, ces mots il pourrait sûrement me les dire dans quelques temps même si cela ne changerait rien pour moi...
    Bises, Maricha.

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    1. Ah oui ? L'amour hein ... pas simple tous les jours !!!!
      Gros bisous ♥

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  3. Meme si c'est fiction, on dirait du vecue! J'aime bcp

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  4. La suite, la suite, la suite <3 (tu sais jouer avec nos nerfs et le suspens :p)
    Tu ecris drolement bien, et puis je crois que quelque part, j'aurai aime/j'aimerais qu'on se retrouve, qu'il me dise ca, parce que c'est quand meme beau ce que tu lui fais cracher a ce jeune homme ^^
    Des bisous ma jolie !

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Je me ferais un plaisir de vous lire les filles