dimanche 14 juillet 2013

Maman, pourquoi j'ai mal ?

Je n'ai jamais aimé l'école, mon 1er souvenir d'enfance, moi courant dans le couloir de la maternelle pour rattraper ma mère qui me laissait à l'école. Sentiment d'abandon énorme. Je ne suis pas psy mais je comprends, en écrivant ces mots, que cet épisode de ma vie me tourmente encore. Que depuis, j'ai toujours eu besoin qu'on soit là pour moi, qu'on me rassure. Et je revis ce sentiment d'abandon à chaque fois qu'un homme me quitte, à chaque fois que je dois partir de chez moi, pour des vacances, des déplacements pro, j'ai beau être contente, j'ai toujours cette foutue boule au ventre.
Je ne sais pas gérer les ruptures, les séparations. Mais j'ai 23 ans, il va être temps de s'y mettreUn jour il va falloir quitter le cocon familial, partir, et mon mec ne sera pas ma seconde maman. Alors oui ce jour-là j'ai cru que ma maman m'abandonnait, mais non maman me donnait simplement les moyens de m'épanouir autrement que dans ses jupons


 Cet épisode, a marqué le début d'une grève de la faim (à l'école hein parce qu'une fois arrivée à la maison j'étais une vraie forasse), j'ai pleuré tous les matins, jusqu'au CP pour aller à l'école, tous les dimanches soirs j'avais la boule au ventre de devoir y retourner, toutes les rentrées scolaires étaient un véritable stress.
J'avais peur d'être en retard, peur de pas me réveiller, peur de ne pas être à la hauteur, à ma hauteur.
C'est sans doute pour ça que j'ai toujours été bonne élève, réservée, dans mon coin, chouchoute des profs, je ne faisais pas de vagues, je voulais que tout le monde m'aime alors j'avais beau ne pas aimer l'école j'ai toujours tout fait pour avoir de bons résultats. J'ai toujours été une bosseuse. 

Il fallait "être à la hauteur", ne pas décevoir, ma mère avait assez d'ennuis comme ça, alors ce n'était pas le 1/4 d'heure de "sortir du cadre", d'avoir des mauvaises notes, etc... Bien sûr, ça c'est moi qui me le disais, jamais ma mère ne m'a interdit de me plaindre ou de dire que ça n'allait pas. Donc, déjà à cette époque, la pression était présente, les années passant c'est de pire en pire. J'ai quand même été jusqu'en master. Pire année scolaire de ma vie. J'ai commencé cette année-là à avoir mal au cou, avoir des problèmes de digestion, d'angoisse, que j'avais très peu avant.

Puis, viens la vie active, le travail, le vrai, avec des responsabilités, des évènements à gérer. Même si c'est mon élément, c'est un métier stressant. Trop pour moi sans doute. Surtout si on y rajoute un ex, avec qui on doit faire comme ci rien n'était car personne ne sait qu'on a été ensemble, qui me mène la vie dure, qui me rajoute une pression en plus, qui m'humilie devant tout le monde, un jour, en pleine réunion. Ce jour-là, j'ai compris le sens du mot humiliation, partir, les larmes aux yeux devant 10 personnes fut un réel choc.


 Puis un jour, un 21 décembre 2012 j'ai attend le point de non-retour, mon corps m'a dit stop. STOP  ALERTE. Trop de pression, trop de stress, trop de colère en toi, trop d'émotions qui te dépassent.
Le corps ne peut plus gérer, alors il s'arrête. Il t'inflige vertiges, nausées, maux de tête, douleurs dans la poitrine, malaises, intolérance à la lumière. Hypotension du liquide céphalo-rachidien, méningite virale, fibromyalgie, stress post-traumatique, tous les diagnostics y passent. Personne ne sait vraiment.
Toi, tu es ni médecin, ni psy ou autres tout ce que tu sais c'est que ton corps est en alerte, qu'importe la maladie que tu as, il te rappelle que tu ne vis pas ta vie mais que tu la subis. Qu'il est temps de penser à toi, rien qu'a toi, que non ce n'est pas égoïste, c'est juste une question de survie ma chérie.

C'est comme si mon corps en avait trop fait, avait trop encaissé, portait trop de poids, et que tous ces désordres physiques étaient une manière de me tenir hors de vie sociale un temps, pour mettre au clair tout ça, pour se reposer et surtout se donner les moyens de se reconstruire. Nous sommes seuls maîtres de notre guérison. C'est dur, c'est usant, c'est décourageant, c'est perturbant (et si c'était vraiment grave tout ces problèmes) mais comme je l'ai déjà dit, c'est une porte de sortie, pour une meilleure vie... 


Se battre, toujours, et encore. Accepter aussi. Accepter la maladie, accepter de ne pas pouvoir tout gérer, accepter d'être malade, pour tout poser à plat, travailler sur soi, méditer, lire, apprendre à se connaître et à s'accepter. Accepter le lâcher prise, on ne peut pas tout gérer dans la vie, et voilà ce qu'il arrive si on essaye de le faire.

NB: Ne jamais oublier de sourire :)


16 commentaires:

  1. Marrant ce que tu écris, enfin non pas marrant mais il y a énormément de choses qui sont similaires aux miennes dans ta façon d'être ou du moins de ressentir les choses ; je pense notamment au sentiment d'abandon, je n'ai jamais su d'où ça pouvait venir. Dis moi si ça t'ennuie que je t'envoie un mail pour parler de ça "en privé". Plein de bises !

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    1. Aucun souci, tu peux m'envoyer un mail. bisous

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  2. C'est vrai ce que tu dis, on nous a tellement appris à nous taire et à nous contraindre pour être de parfaites petites filles bien, qu'heureusement que notre corps (notre meilleur pote quand même!) est là, parfois pour nous remettre sur le droit chemin!!!!
    Finalement, c'est une bénédiction, lorsqu'on craque! Parce qu'après plus rien n'est pareil!On prends enfin conscience que nous sommes importantes... Que nous avons le droit, nous aussi, à être heureuse!Enjoy!

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    1. Non, dans mon article je dis que justement, personnellement on ne m'a jamais dire de me taire ou d'être une petite fille parfaite ! C'est moi qui me le suis infligée moi même, (inconsciemment) pour ne pas causer d'ennuis à ma maman qui en avait déjà assez comme ça ;) !
      Mais je te rejoins, quand on craque c'est une bénédiction, du moins, j'en serais convaincue quand je serais guérie :)

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  3. ton billet fait bien plus qu'un écho en moi! mon corps aussi m'alerte... deux jours aux urgences et ils n'ont rien trouvé d'un point de vue strictement médical... mon corps me fait mal... mais je ne suis pas encore dans la phase où le recul permet d'envisager les choses différemment...

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    1. C'était il y a longtemps ?!
      Il y a 6 mois je n'aurais pas écrit ça non plus, je te rassure. Et je serais convaincue de tout ça, vraiment convaincue, que quand je serais guérie.
      En attendant, courage, courage et encore courage, je sais ce que c'est !!

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  4. Comme je me reconnais aussi dans cet article !!! Je pense aussi savoir d'où vient mon sentiment d'abandon. Contrairement à toi, j'aimais l'école (j'y suis toujours^^), j'ai 28 ans et je suis tjs ds les jupes de ma mère ... je ne vis plus chez elle mais pas une journée ne se passe sans que je l'appelle, je la textote X fois par jour ...
    Du point de vue médical, mon corps me dit stop aussi ! J'en fais trop au boulot, à la maison etc ... je ne peux pas m'arrêter mais voilà j'ai pris 8/9 kgs depuis septembre, problèmes digestifs etc etc ...

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    1. Si j'ai un conseil à te donner: arrête toi avant qu'il ne soit trop tard !!
      Moi aussi j'ai attendu, me disant que ça allait passer, essayant de ne plus y penser, résultat: 7 mois sans sortir de chez moi, où juste pour des rdv médicaux, allongée tout le temps car dès que je suis debout j'ai des vertiges... crois moi c'est pas une vie !
      Alors agis avant tout ça :)

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  5. J'aime beaucoup ton article! j'ai moi aussi le "syndrome de l'abandon", pas facile et à un moment donné je me suis dit également qu'il fallait que je change quelque chose dans ma façon de vivre et entre autre je fais de la méditation ! Bon il me reste encore du chemin avant de moins stresser ^^ mais je pense qu'avoir conscience qu'il faut écouter son corps est important =)! En tout cas bon courage à toi car ça ne doit pas être évident ! Des bisous !

    Sarah'folle'

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    1. Oui voilà, déjà en prendre conscience est une très bonne choses :)
      Merci beaucoup
      Bisous

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  6. Salut les filles,

    Ca me fait mal au coeur de lire cet articles et les coms associés.... Pour vous planter le décor....en un an, j'ai fait 3 séjours à l'hopital, dont plusieurs semaines dans le coma...à cotoyer des gens malades, qui ne pouvaient pas s'alimenter, respirer....j'ai un petit garçon de 3 ans qui, dans 20 ans, ne se souviendra peut être même pas de sa mère parce qu'elle l'aura quitté trop tôt. Pourquoi je vous dis ça? pas pour vous culpabiliser, ou vous dire qu'il faut relativier (c'est encore pire quand on entend ça), mais juste pour dire que vous êtes sûrement toutes jeunes (quand on lit des blogs, on a pas une moyenne d'âge de 70 ans!), avec des ressources (vous avez internet...donc un toit sur la tête), et des problèmes qui vous gachent la vie, alors qu'au contraire, aujourd'hui, vous devriez avoir des porjets plein la tête, des envies, des amours, des aventures à vivre....vivre, simplement. A mon niveau, tout compte, voir un chevreuil, entendre les oiseaux, un sourire...c'est quand on apprend à aimer ça, qu'on apprend à aimer la vie. Si vous avez des soucis 'psychologiques' (je sais pas trop comment les nommer), qui vous gâchent la vie, alors agissez....ou alors par un 'coup de pieds au cul', mais bon; pas facile. ou en allant voir qqu'un, un psy, un thérapeute, qui pourra vous aider, et vous débarrasser de ces poids. Sinon, c'est à 50 ans que vous remarquerez que vous avez pourri vos jeunes années, avec des choses, peut être futiles, peut être graves, mais vous les aurez pourri quand même. Alors n'attendez pas... J'ai 34 ans, j'ai toujours vu le verre à moitié plein, depuis toujours, et encore plus aujourd'hui. Je vais pas vous dire 'y'a plus grave dans la vie', parce que ça vous fait une belle jambe.... je vous dirai plus de résoudre vos soucis, d'apprendre à les accepter, les voir, les combattre, seule ou accompagnée, mais de façon à ce que vous ayez le dessus, pas eux...la vie est trop courte, surtout la jeunesse, pour s'encombrer de fardeaux pareils. Voilà....c'est juste un encouragement à vous occuper de vous, en profondeur, parce que c'est maintenant que ça se passe, pas demain, maintenant que vous devez être heureuse et épanouie!
    Fi

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    1. Merci pour ce beau commentaire !!
      Courage à toi !

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  7. Ton récit est magnifique et si touchant.
    Continue de parler, je continuerai à te lire.
    La parole est une passerelle vers la liberté.
    Bisous brunette.

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    1. j'aime beaucoup ta phrase " la parole est une passerelle vers la liberté " c'est tellement ça .... !
      Gros bisous

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  8. En lisant cet article je te comprends mieux maintenant, et tu as identifié tous les points qui t'empêchent de vivre une relation épanouie et équilibrée :)
    "Alors oui ce jour-là j'ai cru que ma maman m'abandonnait, mais non maman me donnait simplement les moyens de m'épanouir autrement que dans ses jupons" Elle est très juste et belle cette phrase!
    Tu as beaucoup de fausses croyances en toi, apprends à t'aimer, à t'estimer à ta juste valeur, à te faire confiance, à relâcher la pression, pour que tu te sentes mieux avec toi même et avec les autres :)
    Courage <3

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Je me ferais un plaisir de vous lire les filles